Les enseignements que vous recevrez dans les prochaines pages pourront vous distraire de votre but principal qui est celui d’évoluer en conscience, car l’influence de l’ego peut ralentir votre évolution en vous faisant croire que ces facteurs ne vous concernent pas, du moins pas en majorité. Sachez que tous ces facteurs déterminent votre qualité de souffrance, à ne pas confondre avec degré de souffrance. La qualité de la souffrance assure un progrès spirituel, tandis que le degré de souffrance, même s’il peut être lié à la qualité, n’assure pas nécessairement un progrès spirituel. La qualité transgresse la forme, la transforme et l’adapte à la Conscience, tandis que le degré rend souvent esclave et entre karmiquement en relation négative avec le vécu. La qualité favorise l’atteinte du but, tandis que le degré de souffrance, s’il n’est pas accompagné de la qualité, aveugle et empêche même de voir le but.

Lorsque la souffrance se présente, il faut prendre le temps de l’analyser et de voir la polarité qui s’y greffe. Est-ce un jeu de l’Âme pour nous faire progresser ou est-ce un jeu de l’ego pour nous ralentir en forgeant une fausse voie qui nous entraîne vers le bas, nous rendant esclaves de notre passé, de nos fausses croyances ? Nous sommes multiples, mais « un » en Conscience, « un » en union divine avec l’Âme (divine) qui garde certains secrets afin de nous permettre de bâtir, en notre âme humaine en progression, une Conscience forte et éclairée. L’âme humaine apprend et progresse afin de devenir un véhicule acceptable pour l’Âme divine qui prend conscience des multiples facettes de sa divinité à travers les leçons de la vie terrestre et des interactions entre les ego. Les âmes humaines qui se cherchent se trouvent afin d’expérimenter. Les facteurs liés à la souffrance sont importants, mais la qualité l’est encore plus !

Facteurs déterminant la qualité de la souffrance et son but :

1- Notre niveau d’évolution spirituelle
Lorsque nous parlons d’évolution, nous nous référons à l’aspect « vertical », à cette énergie qui nous entraîne vers les plus hauts aspects de notre être, et non vers celle qui implique davantage l’ego, c’est-à-dire l’aspect horizontal qui demeure essentiel, car il assure un minimum de confort à tous les niveaux. Nous spécifions un minimum, car trop de confort engendre une paresse affectant tous les corps et empêche d’évoluer.

Il arrive, dans certaines vies, que nous prenions un temps de repos à la suite de vies précédentes trop intenses qui ont affecté l’enveloppe de l’âme humaine, créant des blessures profondes, gardées en mémoire dans le subconscient, qui demandent à être guéries par le temps, par la compréhension des événements vécus et leur acceptation. La prudence demeure, car si un début de guérison n’est pas possible, l’âme humaine vivotera dans un espace irréel pavé de concepts erronés de l’évolution humaine. Ce sabotage intérieur devra, afin que l’individu accède à un niveau de conscience plus élevé, plus pur, plus réel, être dissout par la volonté du disciple (et la guidance d’un Maître) afin que celui-ci, malgré les difficultés rencontrées, aille au-delà des illusions créées par l’ego qui se croit toujours victime des circonstances et ne prend aucunement la responsabilité de ses actes.

Trop d’âmes jeunes désirent évoluer rapidement, ne s’assurant pas d’acquérir une base solide sur laquelle s’appuyer afin de progresser avec aplomb vers le sommet de leur progression spirituelle où les attend l’Âme divine. Là réside une première erreur qui se répète, malheureusement trop souvent, vie après vie, cultivant en l’homme un degré inutile et élevé de souffrance. La qualité de souffrance exige de la sagesse et de la patience. Une vie n’est rien, mais un iota d’élévation de conscience appuyé sur une base solide de compréhension karmique vaut une fortune. Devenir Conscient demande courage, patience et… vision juste !

En comprenant ce qui détermine la qualité de la souffrance, nous comprendrons mieux l’importance de souffrir adéquatement afin que la douleur ressentie ne soit pas vaine et qu’elle permette un ajustement équitable de notre niveau de Conscience afin de nous permettre d’avancer plus justement sur la voie de la transformation spirituelle.

Plusieurs se croient incorrectement évolués, pensant que la souffrance n’est plus nécessaire et qu’elle est définitivement pour les autres et non pour eux-mêmes. Illusion du débutant sur le sentier, car souffrir fait non seulement partie de la condition humaine, afin d’apprendre ce qu’est la vie sur Terre et ce qui la réprime, mais souffrir fait partie de l’évolution en tant que déterminant de l’avancée spirituelle ou Consciente de l’âme humaine.

L’ego souffre et il est lié fortement aux basses initiations, nous dirons jusqu’à la cinquième initiation, car l’ego demeure un leitmotiv important pour comprendre la condition humaine. Au-delà de la cinquième, l’Âme divine domine tout, et l’ego n’est plus un obstacle, mais un allié qui sert l’âme humaine, devenue consciente de l’Âme divine qui l’habite, à comprendre la nature de la souffrance sans se rebeller et sans médire contre elle. La qualité de cette souffrance apporte une vision plus large de la condition humaine et enlève les illusions que l’ego projette sur « souffrir ». À partir de la cinquième initiation, la sensibilité est accrue et la souffrance aussi, mais elle ne devient plus le centre de la vie de l’Initié, elle l’accompagne dans son quotidien et lui permet de demeurer humain dans un espace de plus en plus spirituel sur les plans intérieurs. Si vous avez l’illusion que plus l’être est évolué, moins il souffre, détrompez-vous, car avec la souffrance personnelle d’être incarné se greffe la souffrance de ceux qui côtoient l’Initié. Il les aide tout en supportant son propre inconfort.

Plus l’initié est jeune, moins la qualité de la souffrance est grande, car l’ego voile tout. Avant la première initiation, qui est la maîtrise au niveau du corps physique, la douleur que ce non-initié vit, imprègne tout ce qu’il fait et s’ajoute à cette souffrance l’incompréhension, l’effet « victime », la colère, le sentiment de vivre de l’injustice, le vouloir de ne pas changer, la jalousie, la peur et le refus de prendre la responsabilité de sa souffrance. Il rejette tout sur les autres, la vie, les circonstances, refusant de voir l’origine réelle de sa souffrance. Il est la victime parfaite et se croit dans son droit de réclamer une vie meilleure, plus clémente envers sa personne qu’il pense plus évoluée, plus aimante et qui ne mérite pas ce qui lui arrive. Il est aveuglé par des conceptions erronées de ce qu’est la vie, l’amour et l’évolution. Il croit souvent que la souffrance est une punition de Dieu à qui il doit demander pardon. Pour lui, il veut évoluer pour ne plus souffrir, même si cela est un leurre, c’est le seul aspect positif que cette souffrance inutile joue dans sa vie.

La qualité de la souffrance à ce stade est minime, car tout est axé sur la douleur et non sur son origine. Il se crée du karma en raison de l’inconscience, karma qu’il faudra équilibrer dans les vies subséquentes. Ce non-initié aveugle et inconscient barbote dans un univers qui l’enlise et ne le fait pas évoluer.

Pour que la souffrance augmente en qualité, il doit y mettre une volonté juste, directe et faire pratiquement un saut quantique afin d’accepter que la souffrance possède un but caché qu’il découvrira un jour, mais pas nécessairement dans la vie qu’il mène présentement. S’il a la chance de rencontrer des êtres plus évolués que lui et qu’il s’ouvre à eux, il fera des progrès notables, et la qualité de sa souffrance s’en trouvera légèrement augmentée.

Lorsqu’il réussira sa première initiation, après plusieurs vies d’apprentissage, il entreprendra un long pèlerinage qui le fera vivre et souffrir de plus en plus consciemment. Le processus sera long, car il est difficile pour l’humain d’apprendre de ses erreurs, de ses souffrances, tant celles qu’il se crée que celles qu’il inflige aux autres. Lorsque le jeune initié réussira à voir le but réel de sa souffrance, celle en lien avec les leçons qu’il doit apprendre, la qualité de sa souffrance augmentera progressivement. Ne vous leurrez pas, il lui faudra plusieurs vies, sans doute des dizaines, avant qu’il ne devienne vraiment conscient du secret qui se cache derrière la souffrance. Lorsque le voile commence à se dissoudre, la souffrance demeure, mais elle devient une compagne de route nécessaire à notre évolution sur Terre, peu importe notre niveau initiatique.