Nous abordons un autre aspect de la souffrance, un aspect plus occulte et plus en lien avec ce que l’âme divine est vraiment venue apprendre sur Terre : aimer autrui non pas comme l’homme souhaiterait être aimé, mais plutôt de la façon dont l’acte d’aimer doit se vivre, en toute liberté d’expression du Grand Soi. Nous parlerons donc, dans ce troisième thème lié à la souffrance, du sacrifice pour le bien d’autrui.

3- Le sacrifice pour le bien d’autrui
Cette sorte de souffrance demande une grande force intérieure tapissée d’oubli de soi, d’oubli de ce que nous souhaitons au profit de ce qui est nécessaire et profitable à l’avancement spirituel des êtres que l’on côtoie. Ce type de sacrifice peut s’exprimer sous différentes formes ou expressions :
a)- La forme du Bodhisattva qui est sans doute la moins bien comprise.
b)- La forme du Libérateur qui possède sans doute le plus de mirages.
c)- La forme de la Soumission Consciente qui est sans doute la plus valable.

La forme du Bodhisattva
Débutons par le Sacrifice de celui qui fait le vœu de se réincarner indéfiniment tant et aussi longtemps qu’il y aura sur Terre des âmes qui n’auront pas atteint leur Libération ou la Pleine Conscience d’être une Âme divine en devenir de ce qui se cache en Elle.
Le sacrifice que fait le Bodhisattva l’emprisonne dans un lien qui ralentit sa progression spirituelle au profit de celle des êtres démunis que sont les humains.
Le Bodhisattva se fond dans la masse afin de parcourir un itinéraire qui n’est plus le sien, mais celui de ceux qu’il guide et accompagne dans leur progression spirituelle. Il souffre des souffrances qu’il a déjà vécues lors de ses vies précédentes, des souffrances qu’il a vaincues avec succès et qui, maintenant, se métamorphosent en leçons de vie, sous son influence, pour les gens souffrant dans leur ignorance.
Le Bodhisattva est conscient et, malgré l’innocence qui semble l’animer, il véhicule en lui la possibilité de brûler un karma indésirable chez autrui, s’il sent que cela peut être profitable, non pour lui-même, mais pour celui à qui il vient en aide.
Le vœu de Bodhisattva arrache temporairement, à celui qui en a fait le souhait, son désir d’évoluer pour lui-même, pour sa conscience. Il ne vit maintenant que pour permettre d’accéder à une élévation de groupe, ceux qu’il aide à progresser tout en progressant, lui aussi, à son propre niveau, mais au ralenti. C’est ce qu’a vécu le Bouddha sous sa forme transcendante. Il quittera un jour notre Système planétaire lorsque nous aurons accompli notre destin qui le libérera de sa promesse et de sa souffrance divine d’avoir fait un tel vœu.
Ce genre de sacrifice, reconnu comme étant parfois nécessaire par les Êtres très bénis, permet une accélération de groupe au détriment d’une Âme hautement évoluée qui ne bénéficiera de sa liberté qu’une fois sortie de notre Système planétaire. Peu ont vraiment fait ce vœu qui se prononce sur un plan intérieur lorsque l’individu a réussi sa cinquième initiation.

La forme du Libérateur
Nous aborderons maintenant la souffrance liée au sacrifice de celui qui prend la forme d’un « Libérateur » pour un peuple, une nation, une communauté, une race ou un genre. Ce sacrifice de soi se termine souvent par le sacrifice de la vie de l’individu qui en a fait le serment.
Lors de ce vœu d’incarner un Libérateur (ce vœu se fait sur un plan intérieur, avant l’incarnation qu’il utilisera pour jouer ce rôle), l’âme humaine étudie adéquatement toutes les composantes dont elle aura besoin pour accomplir sa tâche. La plus importante est une composante karmique qui le lie au peuple, à la communauté ou au genre qu’il doit aider à se libérer.
Le vrai Libérateur se situe entre la deuxième et la troisième initiation. Auparavant, c’est l’ego qui se posait en faux libérateur. Après la troisième initiation, l’âme humaine ne souhaite plus jouer ce rôle à moins que ce rôle se joue à l’échelle mondiale, ce qui lui demandera une énorme tâche qui se teintera de plusieurs sacrifices qui entameront un processus libérateur à plusieurs niveaux : social et karmique.
Le faux libérateur veut le bien d’autrui, mais sa priorité demeure son image. Il croit voir ce qui doit être fait pour libérer son peuple, mais l’ego, lui faisant miroiter qu’il est le « libérateur », le transforme souvent en « dictateur » sacrifiant son peuple au lieu de le libérer. Tout devient centré sur sa vision des choses qui fait naître de très dangereux mirages en lui, dont celui d’être le Sauveur de son peuple ! Le peuple lui doit alors tout et doit se soumettre à sa volonté toute puissante.
Ce fut le cas de Mao Tsé Toung (2e initié) qui au départ semblait avoir le désir d’aider son peuple, mais qui, avec le pouvoir grandissant, l’a sacrifié à son profit au lieu de le libérer. Le faux libérateur est dangereux, c’est d’ailleurs ce qui se passe présentement aux États-Unis avec un Donald Trump (1er initié) qui laissera non pas sa marque aux États-Unis, mais plutôt une tache qui ne s’effacera jamais.
Le vrai Libérateur qui sacrifie sa vie et son confort pour aider autrui a souvent une vie difficile qui se termine parfois de façon tragique, comme ce fut le cas de Martin Luther King. Ce libérateur souffre pour sa cause et vit des situations parsemées d’embûches dues à sa « mission de vie » qui consiste à aller de l’avant, le plus loin qu’il peut. Son sacrifice, même s’il se termine de façon tragique, apportera un certain éveil qui grandira avec le temps. Le souvenir de ce sacrifice perdurera, et la libération tant souhaitée finira par s’accomplir en son temps qui est prédéterminé selon le karma de groupe des individus impliqués.

La forme de la Soumission Consciente
Nous abordons en surface la forme de souffrance liée à la Soumission Consciente, car cet aspect est très occulte et peu touché sur cette planète. Qu’est-ce que la Soumission Consciente ? C’est ce que Jésus de Nazareth a vécu, et son exemple fait encore écho aujourd’hui. Jésus était un homme extraordinaire et conscient du travail qu’il devait faire et de la façon dont cette tâche allait se terminer. Il s’est soumis consciemment au désir du Divin en lui, celui d’ancrer, par son sang et sa volonté, l’Amour de Dieu dans le sol terrestre afin que cet Amour prenne racine dans le cœur de l’homme. Sa vie magnifique a été douloureuse à bien des points de vue. Peu ont répété un tel dévouement à une cause juste en sachant parfaitement ce qui allait arriver, puisque la majorité des hommes qui tente de fouler ce sentier ne s’en approche que très peu, car tous croient en un dénouement qui se terminera sans doute bien pour eux. Ce n’est pas le cas lorsque l’Âme choisit de vivre le Sacrifice de la Soumission Consciente, la fin prévue étant irrémédiablement tragique, car ce genre de sacrifice laisse un espoir inaltérable dans lequel l’humanité baigne par la suite.
La souffrance du Sacrifice lié à la Soumission Consciente renferme certains mystères encore non résolus au sein de cette planète, car, pour y parvenir, la Conscience qui germe véritablement après la quatrième initiation demande un temps de préparation douloureux, puisque l’abandon au plus haut en Soi, afin d’y faire fructifier le divin, se prépare longuement sur un sentier inconfortable parsemé de douleurs, de souffrances et de doutes qui s’envolent et se transforment dès qu’une étape est franchie. Il y a plusieurs étapes avant d’atteindre le réel abandon qui se fait dans l’inconditionnel, et peu parmi nous sont prêts à vivre un tel état d’être qui repose sur le « vide plein ».
Le Sacrifice lié à la Soumission Consciente s’apprend à travers maintes vies et ne s’applique que si le besoin planétaire s’en fait sentir. Ce sont des sauveurs d’exception, et ceux qui ont réussi un tel exploit se comptent sur les doigts d’une seule main. Sachez que je n’en fais pas partie, mais que cela viendra lorsque j’aurai acquis la sagesse de Celui qui sait tout et qui s’abandonne au Divin sans crainte et sans désespoir.