paroles simhananda poorna-jnana yoga

Lorsque nous nous blottissons contre quelqu’un, la relaxation est profonde. Lors d’une telle étreinte, l’oubli de soi est complet, ce qui nous permet de respirer et de partager l’espace avec cet autre individu. À travers le vide ainsi créé, l’occasion nous est offerte de nous ouvrir, sans pensées, au moment présent. Cela ne peut cependant perdurer, et comme nous reprenons le fil de nos pensées, l’impression de séparation s’installe à nouveau.

Pourquoi sommes-nous contraints de reprendre ce fil de pensées ? Pourquoi est-ce si effrayant de vivre dans le présent ? Deux têtes vides qui se rencontrent…

Nous redoutons de ne plus exister. Inconsciemment, nous savons que notre « équipement » ne s’avère pas assez solide pour contenir une telle expérience, ne serait-ce qu’un certain temps; par contre, ces moments bénis s’imprègnent dans notre mémoire, n’est-ce pas ? Et nous les recherchons expressément, puisqu’au moment de cette étreinte, pour un court instant, nous ne sommes plus nous-même, mais… l’autre ! Quel choc pour la personnalité !

Dans cet oubli de soi, l’amour véritable devient alors possible. Or, qui sait ce qu’est l’amour ? Qui peut se vanter de l’avoir vraiment connu ? L’amour, pour la plupart d’entre nous, revêt un sentiment de séparation plutôt que d’union.

Toutefois, grâce à cette souffrance engendrée par la séparation, en nous s’éveille le désir de nous unir à nouveau, même si ce désir de devenir UN représente, pour la conscience séparative, quelque chose de terrifiant. Voilà pourquoi nous aimons maintenir ces drames et ces passions que nous présente la vie, au lieu de vivre le véritable amour…, seulement possible lorsque nous réussissions à élargir notre conscience individuelle pour inclure cet aspect divin qu’est l’âme.

Grâce au processus de méditation et à une intention dirigée, il est possible d’aller chercher une augmentation des fréquences énergétiques provenant de l’âme et de devenir ainsi sensible à son action. Néanmoins, afin de canaliser avec sécurité ce voltage divin si dangereux, nous devons tout d’abord devenir un conduit suffisamment purifié, un canal impartial et vide qui, transcendant notre propre désir d’aimer, nous permet de devenir cette unité, cette totalité qui évolue.

C’est la raison pour laquelle il est bien connu que la méditation n’est pas un jeu d’enfant. L’apport énergétique provenant de l’âme provoque souvent, chez un individu mal préparé, de nombreux problèmes psychologiques très mal reconnus à l’heure actuelle. Si l’individu demeure trop centré sur lui-même et sur son environnement, cette décharge énergétique risque de causer des courts-circuits importants : l’importance de soi, à défaut de disparaître, se développera à l’excès et de nombreux problèmes physiques et psychologiques peuvent apparaître. Ces dangers étant bien connus dans le domaine spirituel, il est recommandé de trouver un guide ou un instructeur qualifié au début de cette pratique pour baliser le tortueux chemin.

Nous savons que l’âme n’est pas reconnue par la science; un jour, elle le sera. Cette connaissance transformera radicalement la façon d’aborder l’existence humaine et sa panoplie de souffrances et de maladies. Dans le futur, la nouvelle psychologie aidera l’individu à vivre une meilleure intégration de ses clivages, c’est-à-dire ces séparations ou divorces logés à l’intérieur de son être. Dès lors, l’individu se démontrera plus apte à absorber et à assimiler les stimulations provenant de l’âme ainsi que celles issues de sources supérieures à l’âme.

Nous sommes beaucoup plus que ce que nous nous imaginons être : nous formons un conglomérat de forces d’énergie qui s’imposent constamment. Graduellement, par le processus de la méditation, nous apprendrons à reconnaître ces forces et à les maîtriser. Une compréhension juste des différentes étapes menant à l’union avec l’âme et des malaises physiques et psychiques qui y sont associés aidera également l’individu à participer activement à son évolution.

Peu importe notre appartenance sociale, religieuse, spirituelle ou autre, nous sommes appelés à devenir, un jour, des citoyens de l’humanité entière. Notre tendance séparatiste ne se démontrera plus une approche valable d’évolution à l’avenir. Cette vanité subtile de vouloir nous afficher comme étant bons, fins, supérieurs, meilleurs est sans fondement. Puisque l’évolution est un processus universel et non individuel, l’humanité, dans son ensemble, doit aussi grandir, évoluer et se transcender.

Il n’existe aucune solution miracle : tant que nous ne vivrons pas l’union avec l’âme, nous aurons tendance à nous sentir déchirés, séparés et éparpillés, nos différents corps cherchant à évoluer chacun de leur côté. Un à un, ces corps fusionneront plusieurs fois jusqu’à ce que la personnalité entière devienne tel un aimant absorbant les disparités. Lorsque ces diverses forces parviendront, à travers le conflit, à une certaine harmonisation de l’être, l’âme se manifestera. Son rôle consistera à créer une sensibilité envers la collectivité des consciences existant à tous les niveaux de la Création et à introduire le désir d’union ou de communion avec les différents royaumes, commençant ici-bas, puis s’élevant vers l’Esprit Saint ou la collectivité des âmes.

Le royaume des âmes vit cette unité essentielle qui crée dans l’être, non pas une fusion, mais un sentiment abolissant à perpétuité le sens de séparation. Une fois cet état reconnu et accepté, il va de soi que nous ne verrons plus jamais la vie de la même façon…

 

Cet article est un extrait du livre les Enseignements de Simhananda – Paroles de Sagesse d’un Maître occidental, Pèlerin intemporel de la merveilleuse planète Terre. Éditions Paume de Saint-Germain, Québec, Canada, 2015, 240 p.